Au cours de la manifestation des lycéens et étudiants du mardi 13 octobre, les forces de l’ordre ont eu recours à plusieurs armes de force intermédiaires : grenades lacrymogènes, de désencerclement et assourdissantes… L’une d’elles a blessé a elle seule plusieurs personnes : la grenade GL-304.
Parmi les blessés, une journaliste indépendante, Sabrina Azzizi, raconte au « Monde » : « Dès que j’ai entendu et vu l’explosion, j’ai senti directement une douleur à la jambe et commençé à boiter ».
La GL-304 s’ajoute à l’arsenal de grenades assourdissants qui comprend par ailleurs la GM2L et l’EF-SON – cette dernière a été suspendue à titre conservatoire après avoir arraché la main d’un lycéen de 15 ans le 5 octobre à Lens.
Le choix de la GL-304, fabriquée par le brésilien Condor, « résulte d’une volonté de réduire autant que possible les effets vulnérants », avait assuré au Monde le ministère de l’intérieur au moment de sa mise en service en juin 2025.
Or, le travail d’analyse et d’authentification du « Monde » ainsi que les témoigages recueillis, permettent d’établir que, le 13 octobre à Paris, ce modèle a blessé deux journalistes indépendants, violemment impacté un groupe de policiers et failli engendrer un quatrième incident grave.
