Les violences qui ont suivi la mort de Nahel M. ont duré moins longtemps que les émeutes de 2005, mais ont fait beaucoup plus de dégâts.
Après six jours d’émeutes, le bilan matériel des violences urbaines liées à la mort de Nahel M. est beaucoup plus lourd qu’en 2005. Cette année-là, la mort de Zyed et Bouna, deux jeunes pourchassés par la police, avaient été suivie de trois semaines de révoltes.
Pour Fabien Truong, sociologue des quartiers populaires, au moins trois éléments peuvent expliquer l’intensité inédite des émeutes de 2023. D’abord, l’aggravation des conditions de vie dans certains quartiers populaires. Ensuite, le poids des images et des réseaux sociaux, ces derniers étant quasiment absents en 2005. Enfin, pour le sociologue, les colères liées notamment aux multiples cas de violences policières finissent par s’empiler : « Et quand ça monte depuis tant d’années, ça dérape aussi de plus en plus. »